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Frip’M : une réactivation commerciale de plus pour le centre-ville stéphanois !

Rencontre avec Georges-Henri Massenya, fondateur de Frip’M.

Ancien basketteur professionnel, puis acheteur textile pendant quinze ans au sein d’un groupe de distribution française de mode enfantine, Georges-Henri Massenya a ouvert Frip’M, une friperie pas comme les autres, installée dans un local commercial réhabilité par l’EPASE, au cœur du centre-ville. Bien plus qu’un simple commerce de seconde main, Frip’M revendique une ambition triple : sociale, écologique et esthétique.

Pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours ?
Ma vie a connu plusieurs chapitres très différents. J’ai d’abord été basketteur professionnel en Espagne, en Suisse puis en France. Ensuite, j’ai bifurqué vers le monde du textile : j’ai rejoint le groupe Z (puis Kidiliz), l’un des acteurs majeurs de la mode enfant en Europe. J’y ai accumulé quinze années d’expérience dans la sélection et l’achat de vêtements. C’est cette double culture, le sport collectif d’un côté, avec ses valeurs d’équipe et de dépassement de soi, et l’univers du retail textile de l’autre, qui a nourri le projet Frip’M.

Comment est née l’idée de Frip’M ? D’où vient ce concept de « friperie moderne » ?
L’idée est née d’un double constat. D’un côté, j’avais acquis une vraie expertise dans la sélection de vêtements, et je voulais l’utiliser au service d’un projet qui ait du sens. De l’autre, je trouvais que les friperies traditionnelles souffraient souvent d’un déficit d’image et d’une présentation qui valorise mal les articles. Or, la seconde main mérite mieux que ça. Frip’M, c’est l’acronyme de Friperie Moderne. Le principe : proposer les mêmes finalités qu’une friperie classique, des vêtements de seconde main à prix accessibles, mais avec une approche radicalement différente : un vrai merchandising, des thèmes saisonniers, des animations commerciales…

« La seconde main mérite mieux que ça. »

Frip’M repose sur trois piliers fondateurs. Pouvez-vous nous les expliquer ?
Le premier, c’est ce que j’appelle le besoin de décence commune. Tout le monde a besoin de se vêtir, quelle que soit sa situation. Frip’M c’est un lieu où chacun peut trouver quelque chose qui lui plaît, à un prix abordable, dans un cadre agréable. Le deuxième pilier, c’est l’engagement solidaire. Tous les vêtements et accessoires sont achetés auprès d’une association chantier d’insertion. Le troisième pilier, c’est l’éco-responsabilité. Acheter de la seconde main, c’est contribuer à réduire le gaspillage textile, limiter les déchets, et permettre à des ménages à petit budget de se vêtir à moindre coût. Comme je le dis souvent, Frip’M c’est un carrefour social, un lieu où toutes les générations et toutes les catégories sociales peuvent se côtoyer autour d’une consommation plus vertueuse.

« Frip’M, c’est un carrefour social, un lieu où toutes les générations et toutes les catégories sociales peuvent se côtoyer autour d’une consommation plus vertueuse. »

Comment avez-vous trouvé ce local, et quel rôle a joué l’EPASE dans votre installation ?
Auparavant, j’avais ouvert Frip’M rue Louis Braille à Saint-Étienne. L’EPA m’a été présentée dans le cadre de sa politique de réactivation des cellules commerciales vacantes du centre-ville. C’est un dispositif qui a vraiment changé la donne pour moi. L’EPASE a eu un rôle vraiment déterminant. Et franchement, si je l’avais su dès le départ, je serais passé par l’EPASE pour ma première ouverture aussi : ça m’aurait évité de prendre un local qui n’était finalement pas adapté à mon activité. Ici j’ai réceptionné un local réhabilité (réseaux et fluides aux normes, façades et vitrines refaites à neuf, accessibilité PMR assurée) avec un loyer progressif qui accompagne le démarrage et un accompagnement jusqu’à l’ouverture. La méthodologie est vraiment intéressante. C’est un vrai coup de pouce, et un signal fort envoyé aux entrepreneurs qui souhaitent s’installer en centre-ville.

Comment se sont passés les travaux d’aménagement ?
J’ai eu les clés en mars. Les travaux d’aménagement ont pris environ un mois. Je n’ai pas voulu tout changer : pas de percement, pas d’accrochage. J’ai privilégié un agencement épuré et modulable avec des portants libres et réagençables. C’est cohérent avec l’image que je veux donner : une friperie haut de gamme dans l’ambiance, accessible dans les prix. Les prix sont d’ailleurs affichés en vitrine, pour lever tout frein à l’entrée.

Quel regard portez-vous sur la dynamique commerciale du centre-ville de Saint-Étienne ?
Je crois profondément au potentiel du centre-ville stéphanois. Il y a des choses qui essaient de se mettre en place pour améliorer l’attractivité et la fréquentation. C’est un travail de longue haleine. Je suis optimiste, j’espère que ça va continuer dans le même sens. L’EPASE joue un rôle central dans cette revitalisation, en attirant des concepts innovants et en accompagnant des commerçants qui veulent proposer autre chose. Frip’M s’inscrit pleinement dans cette logique. Et honnêtement, voir d’autres commerces s’installer autour de soi, voir le quartier prendre vie, c’est extrêmement motivant. Il y a un vrai travail de fond à réaliser main dans la main avec les commerçants, mais pas que : il faut aussi l’avis des gens qui viennent faire leurs courses en centre-ville, savoir ce qu’ils veulent, ce qu’ils attendent… Le dialogue, c’est indispensable.

Quelles sont vos ambitions pour Frip’M dans les prochaines années ?
L’objectif c’est de consolider notre présence ici, de fidéliser notre clientèle et d’en conquérir une nouvelle pour continuer à faire grandir cette friperie et faire connaître le concept à l’échelle de l’agglomération stéphanoise.

 « Si vous avez un projet, il doit s’inscrire dans la réalité du terrain. »

Un conseil pour un porteur de projet qui souhaite s’installer à Saint-Étienne ?
Faites confiance au centre-ville, et faites confiance aux dispositifs qui existent pour vous accompagner. L’EPASE, les réseaux de commerçants locaux, il y a un vrai écosystème de soutien. Et surtout, soyez cohérent. Si vous avez un projet, il doit s’inscrire dans la réalité du terrain. Vous n’allez pas ouvrir une pizzeria si l’offre est déjà importante, sauf à proposer quelque chose qui se démarque vraiment. Il faut une offre adaptée à la ville, à la clientèle, avec des prix justes, et un business plan solide.

FRIP’M – 14, rue Gambetta à Saint-Étienne.
Ouvert du mardi au vendredi : 10h – 12h30 | 14h – 19h. Le samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h.

La grande usine créative dans le quartier de manufacture

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